Pendant longtemps, en Suisse, la question était simple : comment garder la chaleur à l’intérieur des bâtiments ?
Nous avons donc isolé, rendu les enveloppes étanches, récupéré la chaleur et profité des apports solaires. Nos bâtiments sont progressivement devenus d’excellents thermos.
Puis les canicules sont arrivées.
Et un thermos, par définition, ne choisit pas vraiment ce qu’il conserve.
Le problème n’est pourtant pas nouveau pour l’architecture. Le Corbusier avait lui-même observé, dans le M’Zab et à Ghardaïa, une architecture façonnée par la nécessité de se protéger de la chaleur.
Mais la Suisse, chacun en conviendra, n’est pas située sous les latitudes du Sahara. Jusqu’à récemment, notre priorité était donc ailleurs : traverser l’hiver en limitant les déperditions de chaleur.
Aujourd’hui, nos bâtiments doivent apprendre à faire les deux : garder la chaleur dedans lorsqu’il fait froid et dehors lorsqu’il fait chaud. Et, lorsqu’elle est entrée sans invitation, parvenir à l’évacuer.
Protections solaires, inertie, ventilation nocturne et limitation des apports deviennent ainsi aussi importantes que l’isolation.
En somme, nous avons parfaitement appris à conserver la chaleur.
Il reste maintenant à vérifier de quel côté de la façade elle se trouve.